
Le 6 février, Ségolène Royal a fait une apparition dans un gymnase de l’est de la capitale. Entre hystérie et perplexité, ils étaient nombreux à attendre l’icône socialiste pour tenter de percer ses mystères.
Dès l’entrée dans la ligne 7 du métro, ce mardi en fin d’après-midi, il y a quelque chose d’inhabituel. Une foule de plus en plus compacte s’est formée au fil des stations. Des jeunes et de moins jeunes, qui ne se connaissaient pas il y a deux minutes, commencent à parler politique. Un débat participatif s’improvise au milieu des odeurs aigres de la fin de journée. Enfin, la Porte de Choisy. Le train se vide en un instant, laissant les habitués éberlués par cette affluence record. On la retrouvera d’ailleurs aux portes de la halle Carpentier, la salle de sport du quartier réquisitionnée pour l’occasion.
Une fois la porte passée, on s’efforce de plonger le visiteur dans une atmosphère chaleureuse, très "union de la gauche". Des militants radicaux et chevénementistes ont droit à leur espace à partir duquel ils distribuent leurs tracts. A voir leur mine, on imagine qu’ils auraient préféré un candidat pour leur parti… Dans la salle, les gradins sont pleins de spectateurs attendant calmement le début du show. Des seniors, pour la plupart.
Le contraste avec la fosse, face à la scène, est saisissant. Là, ce sont les militants des jeunesses socialistes qui agitent frénétiquement drapeaux et affiches en s’égosillant. "Ségolène présidente !", arrive-t-on à discerner non sans peine. A une heure de l’arrivée de la candidate, sur une mixture musicale pop-rock-folk américaine, obsolète et aucunement entraînante, l’excitation atteint des proportions surprenantes. Où est donc le distributeur d’ecstasy ?
C’est vrai, un meeting politique doit être vivant. A quoi aurait ressemblé l’intervention de Bertrand Delanoë sans ces fidèles troupes prêtes à entrer en transe à la moindre parole prononcée par le tribun ? L’intervention du maire de Paris – un sketch plus qu’un discours – se veut pleine de malice, et l’orateur prend visiblement beaucoup de plaisir à jouer avec les réactions du public. Quand il se met à évoquer le ministre de l’Intérieur, les huées montent de la salle entière. Une fois, deux fois, trois fois. "Si vous faites "Houuuu !" à chaque fois que je le cite, on n’a pas fini !", lance-t-il finalement en prenant un air faussement réprobateur. Le petit jeu reprend lorsque l’édile se met à parler des amis alto-séquanais de M. Sarkozy. Prenant soin de prononcer les noms de personnalités à la morale plus que douteuse – Balkany, Pasqua, gravitant tous deux dans la sphère du sarkozysme –, M. Delanoë fait conspuer une nouvelle fois le méchant pouvoir UMP. L’entrée en matière est croustillante.
Dans la salle, les bobos, lunettes rectangulaires à grosses montures vissées sur le nez, et les vieilles dames que l’on pourrait croiser aux meetings de droite redoublent d’attention quand monte sur scène le phénomène, Ségolène Royal. Son éternel sourire aux lèvres, elle joue d’emblée les aguicheuses auprès du public jeune : "Comme disent les rappeurs, Paris est dans la place… et moi aussi !". Pas de surprise, le sens de la formule qu’on lui connaît depuis quelques mois n’a pas disparu. De toute façon, il n’y aura pas de déclaration fracassante ce soir, puisque le programme ne sera dévoilé que le 11 février.
"Nation", "respect", "progrès", "Français", le discours de la candidate socialiste est truffé du vocabulaire le plus convenu que l’on puisse attendre de sa part. La foule regarde, mais beaucoup semblent ne pas écouter, comme hypnotisés par la députée des Deux-Sèvres. Interrogés sur leur sentiment après la fin de la phase participative de la campagne, beaucoup de sympathisants ne savent pas quoi répondre. "Je suis sympathisante féministe, Ségolène est une femme et la France en a bien besoin", déclare cette sexagénaire, ne craignant pas de reprendre un argument qu’on juge souvent éculé.
Au beau milieu du discours, Caroline, la trentaine, part rejoindre ses amis pour un dîner. Elle était venue par curiosité, c’était une occasion de s’intéresser enfin à une campagne qui est loin de la passionner. "D’accord pour les débats participatifs, ça devrait exister depuis longtemps. Mais depuis le début, ce soir, ils ne font que parler de Sarkozy… Je sais que c’est un connard, mais maintenant on attend autre chose !" Elle file à son dîner plus dubitative que jamais.
"Alors, c’était comment ?", lance une dame en manteau de fourrure à des spectateurs quittant le gymnase. Elle a raté la majeure partie du meeting mais ne semble pas s’en émouvoir. Pas convaincue par les explications des jeunes gens, elle décide de ne pas faire de halte et rejoint le restaurant chinois où on l’attend. Un restaurant plein ce soir-là, comme la halle Carpentier. Et devinez de quoi on y parlait…
Dès l’entrée dans la ligne 7 du métro, ce mardi en fin d’après-midi, il y a quelque chose d’inhabituel. Une foule de plus en plus compacte s’est formée au fil des stations. Des jeunes et de moins jeunes, qui ne se connaissaient pas il y a deux minutes, commencent à parler politique. Un débat participatif s’improvise au milieu des odeurs aigres de la fin de journée. Enfin, la Porte de Choisy. Le train se vide en un instant, laissant les habitués éberlués par cette affluence record. On la retrouvera d’ailleurs aux portes de la halle Carpentier, la salle de sport du quartier réquisitionnée pour l’occasion.
Une fois la porte passée, on s’efforce de plonger le visiteur dans une atmosphère chaleureuse, très "union de la gauche". Des militants radicaux et chevénementistes ont droit à leur espace à partir duquel ils distribuent leurs tracts. A voir leur mine, on imagine qu’ils auraient préféré un candidat pour leur parti… Dans la salle, les gradins sont pleins de spectateurs attendant calmement le début du show. Des seniors, pour la plupart.
Le contraste avec la fosse, face à la scène, est saisissant. Là, ce sont les militants des jeunesses socialistes qui agitent frénétiquement drapeaux et affiches en s’égosillant. "Ségolène présidente !", arrive-t-on à discerner non sans peine. A une heure de l’arrivée de la candidate, sur une mixture musicale pop-rock-folk américaine, obsolète et aucunement entraînante, l’excitation atteint des proportions surprenantes. Où est donc le distributeur d’ecstasy ?
C’est vrai, un meeting politique doit être vivant. A quoi aurait ressemblé l’intervention de Bertrand Delanoë sans ces fidèles troupes prêtes à entrer en transe à la moindre parole prononcée par le tribun ? L’intervention du maire de Paris – un sketch plus qu’un discours – se veut pleine de malice, et l’orateur prend visiblement beaucoup de plaisir à jouer avec les réactions du public. Quand il se met à évoquer le ministre de l’Intérieur, les huées montent de la salle entière. Une fois, deux fois, trois fois. "Si vous faites "Houuuu !" à chaque fois que je le cite, on n’a pas fini !", lance-t-il finalement en prenant un air faussement réprobateur. Le petit jeu reprend lorsque l’édile se met à parler des amis alto-séquanais de M. Sarkozy. Prenant soin de prononcer les noms de personnalités à la morale plus que douteuse – Balkany, Pasqua, gravitant tous deux dans la sphère du sarkozysme –, M. Delanoë fait conspuer une nouvelle fois le méchant pouvoir UMP. L’entrée en matière est croustillante.
Dans la salle, les bobos, lunettes rectangulaires à grosses montures vissées sur le nez, et les vieilles dames que l’on pourrait croiser aux meetings de droite redoublent d’attention quand monte sur scène le phénomène, Ségolène Royal. Son éternel sourire aux lèvres, elle joue d’emblée les aguicheuses auprès du public jeune : "Comme disent les rappeurs, Paris est dans la place… et moi aussi !". Pas de surprise, le sens de la formule qu’on lui connaît depuis quelques mois n’a pas disparu. De toute façon, il n’y aura pas de déclaration fracassante ce soir, puisque le programme ne sera dévoilé que le 11 février.
"Nation", "respect", "progrès", "Français", le discours de la candidate socialiste est truffé du vocabulaire le plus convenu que l’on puisse attendre de sa part. La foule regarde, mais beaucoup semblent ne pas écouter, comme hypnotisés par la députée des Deux-Sèvres. Interrogés sur leur sentiment après la fin de la phase participative de la campagne, beaucoup de sympathisants ne savent pas quoi répondre. "Je suis sympathisante féministe, Ségolène est une femme et la France en a bien besoin", déclare cette sexagénaire, ne craignant pas de reprendre un argument qu’on juge souvent éculé.
Au beau milieu du discours, Caroline, la trentaine, part rejoindre ses amis pour un dîner. Elle était venue par curiosité, c’était une occasion de s’intéresser enfin à une campagne qui est loin de la passionner. "D’accord pour les débats participatifs, ça devrait exister depuis longtemps. Mais depuis le début, ce soir, ils ne font que parler de Sarkozy… Je sais que c’est un connard, mais maintenant on attend autre chose !" Elle file à son dîner plus dubitative que jamais.
"Alors, c’était comment ?", lance une dame en manteau de fourrure à des spectateurs quittant le gymnase. Elle a raté la majeure partie du meeting mais ne semble pas s’en émouvoir. Pas convaincue par les explications des jeunes gens, elle décide de ne pas faire de halte et rejoint le restaurant chinois où on l’attend. Un restaurant plein ce soir-là, comme la halle Carpentier. Et devinez de quoi on y parlait…

1 commentaire:
Ta plume pernicieuse ne doit pas forcément être mise au service de tous les dénigrements. Je te trouve bien mesquin lorsque tu critiques le discours de notre bon maire de Paris. J'ai trouvé sa prestation fort talentueuse. Au reste, j'abonde dans ton sens, même si tu te complais un peu trop dans la dénonciation à mon goût. Na!
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