lundi 5 février 2007

Revue de presse - Balle au centre ?


Coups bas, succession de sondages et de petites phrases, le tout relayé par une médiatisation à outrance : la campagne électorale démarre sur les chapeaux de roue. Les enquêtes d’opinion s’enchaînent et permettent d’enrichir le scénario annoncé d’un affrontement entre les candidats de l’UMP et du Parti socialiste. Comme à chaque élection, on s’efforce donc d’identifier un troisième homme.

En 2007, Le Pen est jugé has been, place à François Bayrou. Il y a peu encore perçu comme un second couteau, le patron de l’UDF décolle dans les sondages et suscite un peu plus d’intérêt de la part de la presse. Est-ce la conséquence de ses diatribes contre les grands groupes médiatiques ? Toujours est-il qu’il permet au microcosme de se mettre à bon compte à l’abri des accusations de complaisance envers Sarkozy ou Royal.

Les gifles infligées par Bayrou à TF1 et aux autres médias de masse coïncident en tout cas avec le fait qu’il dépasse, pour la première fois, la barre des 10% dans les sondages. "Les journalistes sont revenus et c’est un signe", écrit Christophe Ono-dit-Biot dans le Point. "Elle baisse, il monte", explique le Nouvel Observateur, qui axe son analyse sur le positionnement du candidat au centre-gauche, en concurrence directe avec Ségolène Royal.

François Bayrou y est d’ailleurs interrogé sur des questions de stratégie, et se paie le luxe de commenter la course à la manière d’un Le Pen, sans évoquer le fond. "Son scénario gagnant : à ses yeux, le maillon faible du duo Sarko-Ségo, c’est la candidate socialiste. […] les socialistes ne savent plus où ils en sont." Le leader centriste livre l’analyse de sa propre situation : "Si j’étais resté sur le créneau du centre-droit, je serais à 3% dans les sondages." Et l’hebdo de centre-gauche de titrer "Bayrou l’Italien", puisque le béarnais prend pour modèle Romano Prodi et rêve d’être le "centriste à la tête d’une nouvelle gauche."

Un titre qui fait écho à celui de l’article de l’Express, "Bayrou l’Européen". L’espace réservé cette semaine au député des Pyrénées-Atlantiques par le magazine est restreint, mais il a le mérite de mettre l’accent sur des questions qui transcendent la politique politicienne. "Inventer la démocratie de l’Union", voilà l’ambition de François Bayrou, qui prononcera prochainement un discours consacré à l’Europe. "Nous avions pris l’habitude de nous considérer comme des héritiers des pères fondateurs, le temps est revenu des constructeurs", explique-t-il à propos du projet européen. Mais peut-être pensait-il aussi à un centre enfin redevenu offensif ?

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