dimanche 21 janvier 2007

Portrait - Un jeu d'enfant


Pas très grande et plutôt charismatique, Laura Martel prend place face à l’assistance. On est à peine étonné d’apprendre que c’est pour nous parler de sa passion pour la comédie. Non qu’elle paraisse d’emblée fausse ou qu’elle tombe dans l’excès ; on sent au contraire la simplicité, mais aussi l’assurance, qui sont les siennes dès les premiers instants.

Pour elle, la comédie n’est pas un métier mais une passion. "Toute petite, j’adorais les spectacles. J’apprenais par cœur des cassettes vidéo et ensuite, je montais sur la table devant ma famille." Sa frimousse a ensuite assuré quelques shows dans des maisons de retraite. Un jour, ses parents tombent sur une annonce : le cinéaste Jean-Pierre Mocky va tourner Divine enfant, un film dont la vedette sera une petite fille. C’est le début de ce que l’on peut difficilement appeler une carrière – deux films sortis au cinéma et une quinzaine de longs métrages pour la télévision – mais plutôt d’une belle aventure dont le maître mot est "plaisir".

Consciente de la singularité de sa situation, elle le concède volontiers : "j’ai passé mon enfance à m’amuser". Et il semble bien que ce soit parti pour durer. Après un parcours universitaire solide (elle a notamment traîné sur les bancs de Sciences Po Paris), et armée d’un talent certain pour l’écriture et la mise en scène par les mots, Laura a les atouts pour devenir une professionnelle de l’information. Pour elle, le journalisme sera un métier, et la comédie un réconfort. Les grosses machines appartiennent au passé : après avoir côtoyé les stars du navet télévisuel comme Gérard Klein ou Corinne Touzet, elle ne se consacrera plus désormais qu’aux planches. On peut la voir de temps à autre monter sur scène dans des théâtres parisiens. Ses yeux se mettent à pétiller lorsqu’elle évoque Shakespeare et Molière. "C’est peut-être un cliché, mais ils sont très modernes !"

Laura s’affaire désormais à écrire sa propre pièce, non sans s’y perdre elle-même. "Ca doit rester léger, mais je ne peux pas m’empêcher de tout faire virer au drame…", dit-elle avec un large sourire, semblant s’amuser de sa propre inconstance créative. Mais pourquoi s’en voudrait-elle alors que ses choix ont fait d’elle une femme si épanouie et si confiante ? Sans l’illusion démesurée d’une hypothétique carrière au sommet, elle aura tout loisir de ne faire que ce qu’elle aime. C’est sans doute le plus beau scénario qu’elle puisse écrire.

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