vendredi 12 janvier 2007

A l'aise, Chavez!

Autoritaire et mégalomane pour les uns, humaniste et révolutionnaire pour les autres, le président du Venezuela, Hugo Chavez, ne laisse pas grand monde indifférent. Il a en tout cas un parcours atypique si on le compare avec les chefs d'Etats occidentaux.

C'est un très jeune homme que ses parents envoient à l'armée. Chavez y fera carrière pendant dix-sept années et cette expérience l'aidera à préciser sa pensée politique. Clairement, il fait le choix d'un socialisme latino-américain s'inscrivant dans la tradition des luttes anti-impérialistes menées par Che Guevara ou Castro. C'est à l'armée qu'il crée son Mouvement révolutionnaire bolivarien 200 (MBR-200), d'orientation socialiste.

Chavez tente une première entrée en force sur la scène politique de son pays lors du coup d'Etat qu'il dirige en 1992. L'échec du putsch lui vaut deux ans d'emprisonnement, une période qu'il appellera lui-même "la prison de la dignité". Car Hugo Chavez a aussi le sens de la formule. Ayant retrouvé la liberté, il lance une variante civile de sa plate-forme politique et s'attelle à conquérir le pouvoir, cette fois dans les règles de l'art démocratique.

La consécration intervient en 1998, année de son élection à la présidence du Venezuela. Ses ambitions se font jour de manière éclatante : il promeut presque immédiatement une nouvelle constitution. Elle est acceptée par référendum et l'Etat est rebaptisé "République bolivarienne du Venezuela". Mais cette initiative, parmi beaucoup d'autres, n'est pas du goût du tous. Les Etats-Unis et le patronat pestent de voir ce rouge imposer ses vues et risquer de les propager dans toute l'Amérique latine. Ils organisent un coup d'Etat en 2002. C'est à ce moment qu'est révélée à la face du monde l'ampleur de la polarisation créée par Chavez dans son pays. Pour les putschistes, il n'est qu'un opportuniste, un populiste, un diviseur. Pour ses partisans, descendus en masse dans les rues pour réclamer son retour au pouvoir, il est au contraire le défenseur des plus faibles, le pourfendeur des puissants et des corrompus ; un homme d'Etat populaire, et non pas populiste.

Palabrant pendant des heures sur l'antenne de la télévision nationale, faisant fabriquer des figurines pour enfants à son effigie, Chavez apparaît égocentrique. Mais sa popularité ne semble pas s'émousser : il est triomphalement réélu en décembre 2006. "Le socialisme, c'est l'amour", s'est-il exclamé en substance, avec ce souci de toujours joindre la formule à l'événement pour lui-même se mettre en valeur…

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