Déployée dans la petite région du Sud Liban depuis 1978, la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban) connaît un regain d'intérêt depuis l'été 2006 et la situation résultant de la dernière crise régionale, qui a vu s'affronter pendant plus d'un mois l'armée israélienne et les milices chiites du Hezbollah de part et d'autre de la frontière israélo-libanaise. Une fois acquis les principes du cessez-le-feu et d'une évacuation du Sud Liban par Tsahal, comme stipulé par la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, la FINUL s'est vue confier des missions plus précises : il s'agit non seulement de "contrôler la cessation des hostilités", mais aussi d'établir une zone tampon démilitarisée au sud du Liban, et si possible de faciliter le désarmement du Hezbollah. Mais consensus oblige, il y a déjà une ambiguïté sur ce dernier point, la force internationale n'étant pas habilitée à chercher les armes ; tout juste peut-elle les intercepter.
De ce fait, la FINUL ne peut qu'avoir les plus grandes peines à gagner la confiance d'Israël, toujours aussi décidé à en finir avec la menace représentée par des milices bien implantées sur sa frontière septentrionale. Le soutien ne viendra pas plus des populations locales, exclusivement défendues par le Hezbollah depuis 2000 : la milice est l'autorité de référence dans la région. La seule et véritable alliée de la FINUL sera finalement l'armée libanaise, qu'il faudra assister dans sa reconquête d'un espace abandonné depuis 1968. Pour ce faire, le nombre de soldats onusiens sera multiplié par cinq (avec un plafond fixé à 15 000 hommes), et leur mandat élargi leur permettra désormais de recourir à la force si quiconque entrave leur mission. Cela étant, la FINUL reste une force de dissuasion qui n'a pas pour vocation d'utiliser la violence, ce qui est assez peu en rapport avec l'urgence de la situation sur le terrain.
En effet, si l'on peut envisager une période de calme à moyen terme (le Hezbollah a été durablement affaibli par l'offensive des Israéliens, qui ont eux-mêmes du constater l'échec de leur stratégie), il demeure impossible d'oublier la persistance de fortes tensions dans cette région. On ne connaît que trop la logique d'engrenage rapide et incontrôlable qui caractérise chacune des crises qui se succèdent au Proche-Orient. En plus de devoir paraître à la fois ferme et pacifique – tout en restant crédible – aux yeux d'Israël comme des populations locales, la FINUL devra composer avec un contexte politique difficile qui, paradoxalement, ne facilite pas sa situation. La mission est véritablement suspendue à un processus diplomatique lent et fragile, qui voit se confondre les obsessions sécuritaires d'Israël, les difficultés intrinsèques d'un Liban politiquement hétérogène et celles de territoires palestiniens en proie à l'incertitude.
A tout cela s'ajoute l'action nuisible de Damas et de Téhéran, qui soufflent sur les braises pour tenter d'obtenir des contreparties de la part de l'Occident. L'Europe, composante majeure de la force d'interposition, risque pour sa part très gros sur ce dossier délicat à plus d'un titre : l'illusion d'une armée d'occupation chrétienne au Liban pourrait suffire à des représailles sanglantes, y compris sur le territoire européen… Coincée entre les exigences de tous ceux qu'elle est censée apaiser, elle-même hantée par le souvenir d'une histoire tragique et peu assurée du fait de son statut ambigu, la FINUL pourrait bien être la prochaine victime d'un conflit dont personne n'a encore imaginé l'issue…

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