
Le nouveau quartier Paris Rive Gauche, entre Tolbiac et les quais, est une mosaïque qui formera bientôt un ensemble cohérent. Après la bibliothèque François Mitterrand, les ensembles de bureaux et les premiers logements, place à l’université et aux logements sociaux.
Du verre, du béton, du bitume et presque rien d’autre: que ceux qui ne jurent que par le charme de l’ancien s’abstiennent de visiter Paris Rive Gauche ! Hérissé de tours flambant neuves, le nouveau quartier à l’urbanisme résolument contemporain parait d’emblée froid et aseptisé.
Il suffit pourtant de peu d’efforts pour y trouver un peu d’authenticité. En sortant de la station RER Bibliothèque François Mitterrand, centre névralgique du réseau de transports du quartier, puis en suivant la rue Neuve Tolbiac, on tombe sur "les Frigos", une ancienne gare frigorifique reconvertie en lieu de création pour les artistes. Et l’on s’étonne de trouver, au milieu d’un quartier ultramoderne, cette étrange bâtisse aux allures de manoir décrépi, flanquée d’un silo en guise de tour, et dont la façade beige et sale est égayée de fresques farfelues. Une véritable insulte à la modernité ambiante, qui apporte une bouffée d’air frais bienvenue dans un environnement en mal d’identité.
C’est bien l’un des rares vestiges du passé dans cette zone résolument tournée vers l’avenir. Tout le long de l’avenue de France, artère principale du quartier, et dans les rues voisines, le point de vue est dominé par les quatre tours de la bibliothèque nationale. Du trottoir jusqu’au ciel, tout n’est que verre et matières minérales. Bienvenue dans un autre Paris, à des années-lumière des beaux immeubles haussmanniens qui font l’âme de la capitale.
A l’image de la tendance architecturale, la population que l’on y croise est plutôt homogène. Elle est en toute logique fidèle à la fonction attribuée aux immeubles en ce point précis – il n’y a en effet que des bureaux et quelques magasins. Sur les balcons, à tous les étages ou presque, les cadres et les hommes d’affaires en costume-cravate sont pendus au téléphone. L’usage intensif du verre permet de prendre sur le vif quelques instantanés de la vie de bureau. Ici, une jeune femme immobile fixe l’écran de son ordinateur, telle un mannequin de cire ; là, des collègues devisent à la table du restaurant d’entreprise.
C’est dans l’un de ces bâtiments qu’ont emménagé le ministère de la Jeunesse et des Sports et ses six cents collaborateurs, il y a maintenant deux ans. A deux pas de l’entrée, Valérie, une cigarette à la main, pointe avec précision les dysfonctionnements de l’aménagement local. Elle a l’œil averti de l’usagère quotidienne. "Regardez l’avenue de France, il n’y a pas un seul espace prévu pour les livraisons. C’est pourtant ici que se concentrent tous les commerces ! Et il y a quatre voies pour les vélos : deux au milieu de l’avenue, et une le long de chaque voie de circulation… Je n’ai rien contre les cyclistes, mais ça n’a aucun intérêt ! A côté de ça, les installations pour les handicapés laissent vraiment à désirer." Valérie n’en est pas moins heureuse de voir le quartier prendre vie chaque jour un peu plus. "Le Monoprix vient d’ouvrir, et on l’attendait vraiment. Et l’arrivée des étudiants va diversifier le quartier."
Un peu plus loin, les premiers étudiants ont effectivement pris possession des nouveaux locaux de l’université Paris 7. Le bâtiment des Grands Moulins a ouvert le bal il y a trois mois, et ce seront progressivement 20 000 étudiants qui s’installeront dans quatre édifices d’ici 2010. Majestueux face à la Seine, les Grands Moulins ne sont pas une nouvelle construction mais un bâtiment en cours de rénovation, comme le rappelle le béton nu des murs de la cafétéria. "C’est plutôt impressionnant d’arriver dans un endroit tout neuf comme celui-là, et d’être parmi les premiers à l’utiliser", explique Mathieu, étudiant en langues orientales.
Du verre, du béton, du bitume et presque rien d’autre: que ceux qui ne jurent que par le charme de l’ancien s’abstiennent de visiter Paris Rive Gauche ! Hérissé de tours flambant neuves, le nouveau quartier à l’urbanisme résolument contemporain parait d’emblée froid et aseptisé.
Il suffit pourtant de peu d’efforts pour y trouver un peu d’authenticité. En sortant de la station RER Bibliothèque François Mitterrand, centre névralgique du réseau de transports du quartier, puis en suivant la rue Neuve Tolbiac, on tombe sur "les Frigos", une ancienne gare frigorifique reconvertie en lieu de création pour les artistes. Et l’on s’étonne de trouver, au milieu d’un quartier ultramoderne, cette étrange bâtisse aux allures de manoir décrépi, flanquée d’un silo en guise de tour, et dont la façade beige et sale est égayée de fresques farfelues. Une véritable insulte à la modernité ambiante, qui apporte une bouffée d’air frais bienvenue dans un environnement en mal d’identité.
C’est bien l’un des rares vestiges du passé dans cette zone résolument tournée vers l’avenir. Tout le long de l’avenue de France, artère principale du quartier, et dans les rues voisines, le point de vue est dominé par les quatre tours de la bibliothèque nationale. Du trottoir jusqu’au ciel, tout n’est que verre et matières minérales. Bienvenue dans un autre Paris, à des années-lumière des beaux immeubles haussmanniens qui font l’âme de la capitale.
A l’image de la tendance architecturale, la population que l’on y croise est plutôt homogène. Elle est en toute logique fidèle à la fonction attribuée aux immeubles en ce point précis – il n’y a en effet que des bureaux et quelques magasins. Sur les balcons, à tous les étages ou presque, les cadres et les hommes d’affaires en costume-cravate sont pendus au téléphone. L’usage intensif du verre permet de prendre sur le vif quelques instantanés de la vie de bureau. Ici, une jeune femme immobile fixe l’écran de son ordinateur, telle un mannequin de cire ; là, des collègues devisent à la table du restaurant d’entreprise.
C’est dans l’un de ces bâtiments qu’ont emménagé le ministère de la Jeunesse et des Sports et ses six cents collaborateurs, il y a maintenant deux ans. A deux pas de l’entrée, Valérie, une cigarette à la main, pointe avec précision les dysfonctionnements de l’aménagement local. Elle a l’œil averti de l’usagère quotidienne. "Regardez l’avenue de France, il n’y a pas un seul espace prévu pour les livraisons. C’est pourtant ici que se concentrent tous les commerces ! Et il y a quatre voies pour les vélos : deux au milieu de l’avenue, et une le long de chaque voie de circulation… Je n’ai rien contre les cyclistes, mais ça n’a aucun intérêt ! A côté de ça, les installations pour les handicapés laissent vraiment à désirer." Valérie n’en est pas moins heureuse de voir le quartier prendre vie chaque jour un peu plus. "Le Monoprix vient d’ouvrir, et on l’attendait vraiment. Et l’arrivée des étudiants va diversifier le quartier."
Un peu plus loin, les premiers étudiants ont effectivement pris possession des nouveaux locaux de l’université Paris 7. Le bâtiment des Grands Moulins a ouvert le bal il y a trois mois, et ce seront progressivement 20 000 étudiants qui s’installeront dans quatre édifices d’ici 2010. Majestueux face à la Seine, les Grands Moulins ne sont pas une nouvelle construction mais un bâtiment en cours de rénovation, comme le rappelle le béton nu des murs de la cafétéria. "C’est plutôt impressionnant d’arriver dans un endroit tout neuf comme celui-là, et d’être parmi les premiers à l’utiliser", explique Mathieu, étudiant en langues orientales.
A proximité immédiate, grues et machines de chantier s’affairent à transformer les dernières friches en logements. Face à elles, les immeubles nouvellement livrés, parés de bois et de couleurs chatoyantes, sont déjà habités. Autant de constructions aux formes irrégulières, dont les incessantes ruptures de lignes et de volumes flattent le regard. Ces cubes minéraux semblent avoir été jetés là par hasard, et pourtant l’harmonie qui en résulte est bien réelle. Derrière, au loin, on aperçoit les tours désormais "historiques" du XIIIè arrondissement ; et l’on ne peut s’empêcher de les trouver banales, tristes, sinon laides. Tout cela a vieilli. Dans ce panorama singulier, les modernités d’hier et d’aujourd’hui s’entrechoquent. Aura-t-on la même impression dans trente ans face à l’urbanisme aujourd’hui avant-gardiste de Paris Rive Gauche ?

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